Le lin breton

Le textile en Bretagne gagne en notoriété, car son lin est de grande qualité. Le lin breton sert à la confection de toiles plus fines et plus chères que le chanvre. Il entre dans la fabrication des vêtements et du linge de maison.

Les toiles bretonnes

Cette production toilière existe sur une longue durée qui est de l’ordre d’au moins quatre siècles : du milieu du 15e siècle, au milieu du 19e siècle. Certaines zones de productions toilières – qui existaient déjà au Moyen Âge – continuent, par la suite, à fournir un marché étroitement local ne dépassant guère 10 à 20 kilomètres.

Les toiles bretonnes ont une grande renommée et font l’objet d’une intense activité commerciale sur les mers d’Europe. Par exemple, les toiles de lin du Léon s’aventurent sur le marché anglais. Une partie des tissus bretons circulait, à cette époque, encore plus loin, puisqu’il existait un autre grand foyer d’exportation des toiles aussi bien vers les Pays-Bas que vers l’Espagne : le pôle rouennais. En effet, une partie des toiles les plus chères, comme les bretagnes, au 18e siècle, circulait par voie de terre jusqu’à Rouen, pour ensuite être réexpédiée vers l’Andalousie.

L’horizon du commerce des toiles se développe d’abord dans un cadre européen largement ouvert. Puis, très vite, il enchaîne sur un espace qui n’est plus seulement européen mais intercontinental ou en tout cas transatlantique, avec l’intégration de l’Amérique. A partir de là, il participe à une première phase de la mondialisation de l’économie, à l’échelle de la planète. C’est tout cela l’industrie des toiles bretonnes et son aventure !

Il faut en effet admettre que beaucoup de nos contemporains perçoivent la Bretagne ancienne au travers du prisme des visiteurs qui l’ont parcourue au 18e et au 19e siècle. Ces derniers la présentent comme arriérée, sous-développée, à l’écart du monde et de ses courants. En fait, il n’en était rien et à travers les toiles bretonnes, les horizons deviendront extrêmement larges.

L’industrie toilière

L’industrie rurale fait vivre la région et s’appuie sur des savoir-faire comme le filage. De fait, l’industrie des toiles liée au lin procurait du travail à de nombreux métiers, tels que les paysans producteurs de lin, les tisserands et les marchands colporteurs. Sachant que les tisserands étaient souvent aussi paysans.

Au début du 19e siècle, l’industrie toilière bretonne connaît une certaine décadence. Toutefois, elle n’a pas complètement sombré dans l’oubli car elle continue de marquer le paysage et les mémoires dans la seconde moitié du 20ème siècle. Ainsi, de nombreuses traces matérielles portent la mémoire de cet Age d’Or et témoignent de la prospérité économique issue de l’activité toilière.

Sur le point d’être oubliée, cette tradition connait un certain renouveau dans les années 60. Les métiers à bras des tisserands continuent à fonctionner d’une manière artisanale et les tisserands ont tout fait pour renouer et faire perdurer leurs savoir-faire.